Big data soin de santé

Bonne année et bonne santé! Mais votre santé vous appartient-elle encore?

A l’heure du digital et du big data, votre santé vous appartient-elle encore? Sommes-nous dans un diktat de vie saine?  Où s’arrête notre vie privée?

Bonne santé et vie saine: un choix ou une obligation?

Une bonne année et une bonne santé… Des vœux encore de circonstance.  Notre santé est un de nos biens les plus précieux.  Le monde du mobile l’a bien compris et nous propose de nombreuses applications nous permettant de monitorer et de suivre l’état de notre corps.  S’il s’agit d’un de nos biens les plus chers, il coûte également à d’autres, comme les assurances, par exemple.  De là à ce que ce monitoring se transforme en flicage… il n’y a qu’un pas, que certains pourraient être tentés d’effectuer.  Et les bons vœux  pourraient bien se transformer en obligation de vie saine…

 

Des applications et des objets connectés pour recueillir des données

Avec de simples applications comme Runtastic, Nike + ou Fitstar, votre smartphone peut devenir un puissant outil de collecte d’informations sur votre poids, votre activité physique, votre alimentation, vos pulsations cardiaques etc…

Des traqueurs d’activité comme Fitbit peuvent même opérer la même collecte en continu de manière hyper connectée.  Kolibree, par exemple, est une brosse à dent électrique connectée.  Pour moins de 100 euros, elle collecte les données de votre brossage.  Un pèse personne connecté coûte à peine plus cher qu’un autre pèse personne.  Pour moins de 50 euros, votre balance communiquera vos données corporelles à votre smartphone grâce au bluetooth.

Des données qui vous permettent de vous prendre en main, de vous suivre et d’échafauder des plans de bataille avec des objectifs « santé ».  Ces données constituent une mine d’informations aussi précieuses que personnelles.

 

Les données sur notre santé:  des données sensibles

On peut dès lors s’interroger sur l’utilisation que certains pourraient faire de ses données.  Assureurs, mutuelles, employeurs… savent que notre précieuse santé peut parfois leur coûter cher…très cher!   La tentation pourrait donc être grande de tenter de récupérer ces données et de les exploiter avant d’accorder une assurance vie, un prêt hypothécaire, un nouveau job etc…

 

Outre Atlantique le pas est franchi.  Et certains assureurs offrent des tarifs « sur mesure » en fonction du taux d’activité physique.  Plus près de chez nous, Axa France a lancé il y a deux ans, e-modulango.  Il s’agissait d’une assurance santé complémentaire vendue sur internet.  Lors de la souscription, vous receviez Withings, un objet connecté de collecte de données semblable à Fitbit.  La tentation pourrait être grande d’utiliser la technologie pour collecter des données et les transférer directement à l’assureur.

 

Les données sur notre santé peuvent mettre en péril notre système de sécurité sociale

Dans nos sociétés, la santé repose sur les concepts de mutualisation et de et la solidarité face aux risques.  Mais rompre ce principe c’est rompre la base de nos services sociaux.  La technologie est donc au point pour nous créer une obligation de santé ou en tous cas une obligation de pratiques saines.  Sans une vigilance citoyenne et/ou politique, nos libertés individuelles et nos principes de solidarité sociale pourraient être mis à mal.  Pour savoir pourquoi le big data vaut 66 milliards de $ pour Bayer consultez notre article.

Anne Evrard

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *