Surveillance de masse. Les lois des services de renseignements se musclent

Surveillance de masse et peurs sur internet

Surveiller tout Internet, le peut-on vraiment ? La France de Hollande, l’Allemagne de Merkel et le Royaume-Uni de la nouvelle Dame de fer May semblent y croire. Nos voisins ont adopté des lois très musclées sur le renseignement qui touchent chacun. Ou la surveillance de masse.

Surveillance de masse : détecter le danger

©: 56Kast (émission coproduite par Libé/ChaîneNolife)

Célèbre pour avoir dénoncé la surveillance de masse impunément opérée par la NSA (les grandes oreilles espionnes des Etats-Unis) sur le plus grand nombre, le lanceur d’alerte Edward Snowden ne cache pas sa déception. L’exilé en Russie dénonce la nouvelle loi sur le renseignement adoptée par le Parlement britannique, mi-novembre.

Cette loi renforce considérablement les pouvoirs de surveillance des services de renseignements, mais aussi ceux de la police. Ainsi, les opérateurs de sa Gracieuse Majesté sont désormais priés de stocker l’historique de navigation des internautes pendant 12 mois. De façon à pouvoir être consulté à toute heure par les services.

Ceux-ci sont autorisés à pirater en sus:

 

·         ordinateurs

·         téléphones

·         réseaux

Depuis les attaques terroristes d’un nouveau genre en France, chez nous et ailleurs, on s’habitue à cette surveillance de masse. Quitte à tirer un trait sur toute vie privée. France (2015) et Allemagne ont tiré les premiers, en votant des lois élargissant la surveillance de masse. Outre-Quiévrain, il y a les fameuses « boîtes noires » imposant aux fournisseurs d’accès à Internet de détecter, quasi en temps réel, l’internaute à l’activité en ligne « typique de celle des terroristes. » Pour repérer quelques suspects, on analyse les données de navigation de tout le monde.

Surveillance de masse, l’Allemagne itou

Ainsi en octobre dernier, l’Allemagne a fait de même. Le service fédéral de renseignement (BND) est autorisé à collaborer avec la NSA, les oreilles « undercover » de l’Oncle Sam. Dans certains cas, le BND est autorisé à espionner… les institutions européennes et les 27 autres Etats membres. Le gouvernement Merkel a donné son blanc seing à l’utilisation d’un logiciel espion pillant les infos sur toute machine. Côté aéroports et gares, on couple déjà caméras de surveillance et technologies de reconnaissance faciale. A Zaventem, c’est pour début 2017.

Outre-Atlantique, l’élection du 45e président américain (Donald Trump) soulève de vives inquiétudes à propos de la surveillance de masse. Le bouillant milliardaire a en effet été accusé d’espionner les appels téléphoniques de ses… propres employés. Le vénérable New York Times prétend même qu’il « songe en privé à toutes les manières dont il pourrait punir ses ennemis après l’élection », relève la dernière livraison du Monde Pixels.

Surveillance de masse, ou comment miner la confiance

Dans un passé récent, l’action militante de Snowden a fait découvrir au grand public l’ampleur de la surveillance massive et des capacités techniques des services de renseignements. Mais aussi les moyens de s’en prémunir. Jusque-là en effet, les outils de communication chiffrés étaient réservés à un petit groupe d’initiés. Leur usage s’est démocratisé.

Par exemple, l’app’ Signal permet de communiquer de façon sécurisée. Ses téléchargements, disent ses initiateurs, se multiplient par quatre depuis la victoire Trump. Les géants du Web – Google, Facebook, Twitter, … – semblent emboîter le pas. Pour reconquérir la confiance des utilisateurs, la plupart d’entre-eux renforcent la sécurité de leurs services dès la conception. Les messageries chiffrées deviennent la norme.

Par exemple depuis le début de l’année, WhatsApp impose le chiffrement « de bout en bout » à tous ses utilisateurs, un milliard d’humains. Seuls émetteur et destinataire du message sont capables de le déchiffrer. Un tiers ne sera pas capable de le lire, après interception. L’entreprise, non plus, ne dispose pas davantage de la clé. Paradoxe : les grandes multinationales numériques s’érigent désormais en remparts contre la surveillance de masse.

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Philippe Golard

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