Le digital a un poids écologique. Rejet de CO2 et consommation d'énergie

Impact écologique du digital: réel ou virtuel?

Avec les TIC (Technologie de l’Information et de la Communication), c’est tout un monde virtuel qui s’ouvre à nous. Mais leur empreinte écologique est-elle réelle ou virtuelle?

Situation actuelle: quelques chiffres éclairants

  • 8 zetaoctets (10 exposant 21) de données stockées sur le web en 2015
  • Google enregistre 3,3 milliards de requêtes par jour
  • 215 milliards de mails envoyés chaque jour (hors spam)
  • Un mail parcourt 15.000 km entre son origine et sa destination
  • Envoyer ou recevoir un mail consomme autant qu’une lampe allumée pendant 1h

L’empreinte écologique des TIC, étape par étape

Le stockage de l’information:

Il faut comprendre que le stockage des données se fait dans des centres immenses et très énergivores. Leur consommation énergétique tient au stockage des données, mais surtout au refroidissement des installations. Ajoutons à cela que ces data centers ne peuvent se permettre aucune faille, leurs installations sont donc aussi sécurisées et redondantes que celles d’un hôpital.

Le traitement de l’information:

Lorsque l’internaute opère une demande, il faut traiter cette masse de données pour trouver et lui fournir l’information la plus pertinente possible. Ce traitement de l’information est lui aussi gourmand en énergie.

La transmission de l’information:

Dans ce jeu de questionnements et de réponses de serveurs distants, la transmission de l’information consomme de l’énergie, dans un sens comme dans l’autre.

Le cycle de vie des installations:

Ajoutons à tout cela les coûts énergétiques de construction, transport et recyclage des installations.

Au total, les data center sont responsables de 1,5% de la consommation énergétique et de 2% des émissions carbone mondiales.

 

Un enjeu écologique et financier énorme

Cette consommation énergétique est électrique. L’origine de cette électricité dépend évidemment de l’endroit où se situe le site. Une grande partie de ces centres se trouvent aux USA, siège des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). L’origine de l’électricité utilisée est donc essentiellement fossile et provient même du très polluant charbon, pour la moitié de la production. En France (4ème pays consommateur d’énergie pour le bigdata), l’origine est essentiellement nucléaire.
Cette consommation d’énergie a un coût important pour ces géants du digital. Outre des notions de conscience écologique ou d’image de marque, c’est sous l’angle économique que le problème les intéresse.

 

Un digital plus écologique: les géants du secteur ne manquent pas d’idées

  • Facebook a implanté son principal data center européen à Lulea, en Suède , près du Cercle Polaire. Outre un refroidissement quasi naturel des installations, il y bénéficie d’une électricité d’origine hydroélectrique à faible coût.
  • Google mise sur une utilisation de l’Intelligence Artificielle pour optimiser l’utilisation des installations et faire chuter leur consommation de 40%.
  • Microsoft va encore plus loin dans l’originalité et étudie la possibilité de data center immergés. L’eau des océans constitue une source inépuisable de refroidissement. Microsoft envisage même d’utiliser les courants océaniques pour produire l’électricité nécessaire au fonctionnement du data center.

 

Un digital plus écologique? Que puis-je faire?

Si les géants du digital s’interrogent sur leur impact environnemental. En quoi cela nous concerne-t-il en tant que particulier?

Les mails que nous stockons, les photos que nous publions sur les réseaux sociaux, nos données, bref, toute notre vie digitale est stockée dans ces data centers. Nous participons donc à cette consommation d’énergie et ces rejets de CO2. Chaque fois que nous envoyons ou recevons un mail, nous consommons la même énergie qu’une ampoule allumée durant 1h, soit 24 watts.
Nous pouvons acquérir certains réflexes pour diminuer notre empreinte écologique digitale.  Par exemple: trier et vider notre boîte mail, nous désabonner de newsletters inutiles, optimiser nos requêtes, limiter les pièces jointes, réduire le poids des images que nous utilisons… Autant de petits gestes à notre portée.

 

Conscientiser le grand public sur ces sujets pour aiguiser sa vigilance sur les actions des géants du web en est une autre. N’hésitez donc pas à partager notre article (même si cela coûtera un peu d’énergie…c’est pour la bonne cause) et à discuter du sujet avec vos amis.

Anne Evrard

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