Facebook: Un outil de censure pour charmer la Chine ?

Facebook: Un outil de censure pour charmer la Chine ?

Interdit sur le territoire Chinois depuis 7 ans, Facebook aurait créé un outil de censure afin d’assurer son retour dans le pays. Le logiciel mis en place pourrait ainsi bloquer le contenu de certains utilisateurs selon des zones géographiques spécifiques. 

L’interdiction de séjour du réseau social en Chine remonte à juillet 2009, lors des émeutes d’Urumqi. Selon le New York Times, Facebook serait en train de préparer son retour grâce un logiciel capable de contrôler ce qui s’affiche dans le fil d’actualité des utilisateurs, permettant ainsi une maitrise complète des contenus publiés.

Un projet nébuleux

L’enquête parue dans le quotidien américain s’appuie sur le témoignage de 3 employés, anciens et en poste. Selon leurs dires, le logiciel serait confié à une tierce partie, peut-être un partenaire chinois. Même si la mise en oeuvre de cet outil très controversé est encore floue, il pourrait bien influencer les futures négociations entre Mark Zuckerberg et Pékin. Dans tous les cas, la volonté de regagner le marché chinois est évidente. L’un des portes-paroles de Facebook précise d’ailleurs:  « Nous avons dit de longue date que nous étions intéressés par le marché chinois et que nous passons du temps à apprendre et comprendre plus ce pays. Mais nous n’avons pas pris de décision pour le moment sur notre approche sur ce territoire ».

Une censure à plusieurs échelles

Restreindre l’accès à des contenus ou les supprimer purement et simplement n’est pas une première pour le réseau social, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Facebook s’est souvent plié aux demandes des autorités, lorsqu’il s’agit de censure. C’est le cas de nombreux pays tels que la Turquie, le Pakistan ou encore la Russie. En France, le réseau social a supprimé plus 550 000 contenus entre juin et décembre 2015, suite aux attentats. Mais l’outil élaboré pour la Chine est très différent, dans la mesure où la censure serait systématique, automatique et gérée par un « partenaire ».

Un marché juteux 

Ce n’est un secret pour personne, Mark Zuckerberg a toujours exprimé son envie d’étendre son réseau au monde entier, et plus particulièrement à la Chine. Un intérêt tout d’abord personnel, de par la culture de son épouse Priscilla Chan, issue d’une famille de réfugiés Hoa,  mais également par un intérêt économique. En effet, le marché chinois représente 700 millions d’internautes potentiels. Une source de revenus non négligeable pour le réseau social, qui tente déjà depuis plusieurs années de regagner les faveurs de la Chine. Le réseau social créé en 2004 est aujourd’hui le plus populaire au monde avec 1,79 milliard d’utilisateurs mensuels. Jusqu’où ira Mark Zuckerberg ? Son impérialisme exacerbé finira-t-il par aller à l’encontre des valeurs de liberté ?

 

Thomas Loriaux

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