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Écouter sa musique dématérialisée en 2016

Comparer les différents services de musique dématérialisée, c’est distinguer la qualité du son du côté pratique d’une bibliothèque musicale digitale.

 

L’ère de la musique dématérialisée connaît son heure de gloire. Les ventes d’albums physiques sont en chute libre, en dehors du format vinyle. On remarque une nette augmentation de l’utilisation des services de streaming depuis 2012, ainsi que des ventes de musique au format digital.

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Comprendre la musique dématérialisée

On appelle « musique dématérialisée » le fait d’écouter en ligne ou d’acheter des morceaux dans un format numérique pour les télécharger sur un disque dur. C’est une nouvelle manière de posséder l’œuvre d’un artiste, sans avoir de support physique chez soi. Pourtant, le consommateur n’est pas forcément sensibilisé aux qualités du son et aux avantages proposés par les différents services de musique dématérialisée.

Chaque internaute a son propre mode de consommation et des habitudes qui lui sont propres. Mais il est important de revenir sur certaines notions. Pour pouvoir écouter ou acheter un morceau de musique en ligne, votre ordinateur (PC, Mac ou autres) télécharge des données. Il s’agit de fichiers, compactés dans un codec défini, qui seront décodés par votre PC, tablette et/ou votre smartphone. On distingue deux grandes familles de fichiers :

  • Les codecs dits « lossless »

Plus volumineux, ceux-ci encodent n’importe quel morceau, sans perte de qualité sonore, avec un débit qui varie entre 800 et 1411 Kbits. Le WAV, le FLAC et l’ALAC sont les formats principaux. Il est même possible de définir la profondeur (16 Bits, 24 Bits, etc.) et la fréquence d’échantillonnage (44.1 kHz, 48 kHz, etc.) qui restitueront au maximum les nuances d’un enregistrement audio. Par contre, il faut que ce type d’encodage volumineux soit justifié par rapport à la source audio (bandes analogiques, multipistes, …). Nous reviendrons plus loin sur l’importance de ce détail.

  • Les codecs dits « lossy »

Plus légers, donc plus adaptés pour les services de streaming, ces codecs utilisent des algorithmes pour compresser la qualité sonore, entre 96 et 320 Kbits. Une sacrée perte de qualité ! Pourtant, leur utilisation s’étend aux services de streaming vidéo, tels que YouTube et Vimeo. Le MP3, le AAC et le WMA sont les normes principales et la profondeur d’échantillonnage est limitée aux 16 Bits.

 

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6 services de musique dématérialisée

  • Spotify

Avec plus de 30 millions de chansons dans son catalogue et plus 30 millions d’utilisateurs Premium (soit, 1/3 des utilisateurs), Spotify arrive en top-of-mind des services de streaming. Ses offres d’abonnements adaptées à tout type de consommateur (Premium for Family inclus) le placent comme la bibliothèque idéale de musique en ligne.

Vous aurez la possibilité d’écouter ou sauvegarder vos albums préférés hors-ligne, sur votre smartphone/tablette, en qualité d’écoute lossy (MP3 44.1 kHz à 320 Kbits). Par contre, il vous sera impossible de copier ces fichiers sur un disque dur. Spotify ne propose pas son catalogue à la vente.

  • Apple Music / iTunes Store

Concurrent principal de Spotify, le géant à la pomme se distingue par un positionnement marqué en faveur d’une rémunération des artistes plus équitable. Aussi, leurs services de musique dématérialisée sont disponibles dans plus de pays que Spotify. Pourtant, le catalogue de musiques et les offres d’abonnements sont très similaires.

D’un côté, Apple Music opte pour un service payant unique, avec un codec de streaming lossy (AAC 44.1 kHz à 256 Kbits), qui comptabilise 11 millions d’abonnés. De l’autre côté, l’iTunes Store propose aux utilisateurs d’acheter le même catalogue, toujours au format AAC. Il n’est donc pas possible d’écouter ou d’acheter nativement de la musique dématérialisée au format lossless chez Apple. Néanmoins, le côté pratique semble l’emporter sur la qualité du son pour la plupart des utilisateurs Apple.

  • Google Play Musique

Autre géant à se disputer le top 3 dans le coeur des consommateurs, Google propose « Play Musique » : un abonnement à 9,99€ par mois qui donne accès à un catalogue de plus de 30 millions de morceaux. Le codec, utilisé aussi bien pour le streaming que pour l’achat, est limité à du MP3 44.1 kHz à 320 Kbits. Néanmoins, tout morceau importé dans votre collection est directement synchronisé sur tout appareil connecté à votre compte Google. À noter également qu’aux États-Unis, « YouTube RED » propose l’écoute illimitée des morceaux mis en ligne sur YouTube, plateforme aux 1 milliards d’utilisateurs, pour 9,99€/mois. Une alternative qui tend à dépasser la concurrence par la vidéo.

  • Deezer

Avec un catalogue de 40 millions de chansons, la firme française n’atteint que 6,2 millions d’abonnés Premium, en 2015. Pourtant, son offre d’abonnement est la moins chère du marché, avec 4,99€/mois pour un abonnement sur PC et 9,99€/mois pour PC et mobile. De plus, il existe une offre premium à 19,99€/mois, qui augmente la qualité du streaming en lossless, avec du FLAC en 16 Bits 44.1 kHz à 1411 Kbits ! Bien que plus onéreuse, cette offre touche avant tout les auditeurs audiophiles. Cependant, il n’est pas possible d’acheter le catalogue proposé par Deezer.

  • QOBUZ

Précurseur dans l’écoute et la vente de musique dématérialisée de qualité, QOBUZ se distingue par des offres adaptées à tous types de consommation. En effet, le service français propose, non seulement des abonnements streaming passant du format lossy (MP3 44.1 kHz à 320 Kbits) au format lossless (jusqu’en 24 Bits, le seul du classement à le proposer en streaming), mais également un catalogue de plus de 30 millions de morceaux à l’achat, dans tout type de codec lossless et dans une profondeur d’encodage parfois phénoménale (jusqu’à du 24 Bits 192 kHz à 8200 Kbits !!), lorsqu’un album est disponible dans cette qualité.

De plus, leur positionnement audiophile est assumé et reconnu par les consommateurs de musique dématérialisée. En effet, leur abonnement « Sublime » à 219€/an, avec qualité d’écoute en 24 Bits (lorsqu’un album a été acheté, au préalable, dans cette qualité) reviendra moins cher que leur abonnement mensuel à 19,99€, où la qualité est limitée à du 16 Bits/44.1 kHz.

  • TIDAL

Fondée en 2014, cette nouvelle plateforme se distingue par la volonté de rémunérer équitablement les artistes qui proposent leurs oeuvres musicales de façon dématérialisée. On se souvient surtout de la campagne de lancement qui avait mobilisé la crème de la musique R&B/Pop actuelle, suite au rachat de la société par Jay-Z, en 2015.

Outre quelques sorties d’albums exclusives sur TIDAL (« Lemonade » de Beyoncé, « ANTI » de Rihanna, etc.), l’engouement est vite retombé. En effet, la communauté audiophile n’a pas été convaincue par leur démarche. Avec un abonnement à 19,99€/mois, le service propose un catalogue moindre, comparé à Spotify ou Apple Music. Par contre, la qualité d’écoute est fixée à du 16 Bits 44.1 kHz, en streaming ou à l’achat.

 

La musique dématérialisée pour tous

Au final, de nombreuses alternatives sont disponibles aux supports physiques. Dans un monde de plus en plus connecté (voir « La digitalisation du monde : en route vers les e-pays ?« ), le digital touche également l’industrie musicale et l’accessibilité est devenue indispensable. Mais il est important de distinguer le type de consommation pour trouver le service qui conviendra le mieux à chacun.

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Benjamin Wilputte

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