Surveillance de masse. Les lois des services de renseignements se musclent

L’Union Européenne contre WhatsApp

WhatsApp est dans le collimateur de l’Union Européenne. Cette dernière est inquiète des changements dans la politique de confidentialité du service de messagerie, depuis son rachat par Facebook.

Pour rappel, à l’automne 2014, Facebook avait racheté l’application mobile WhatsApp. Par conséquent, les deux règles suivantes s’appliquaient.

  • Facebook a accès à votre numéro de téléphone. Les nouvelles règles soulignent que WhatsApp fait donc partie de Facebook. WhatsApp a, par conséquent, le droit de partager les informations concernant ses utilisateurs avec le réseau social américain.
  • Les entreprises peuvent vous envoyer des messages. Les sociétés pourraient, à l’avenir, envoyer des messages via WhatsApp à leurs clients. Par exemple, un site d’e-commerce informe un client sur la livraison de sa commande, une compagnie aérienne avertit un voyageur du retard de son vol… Et tout cela par sms, via l’application WhatsApp.

Dans un premier temps, WhatsApp a rassuré ses milliards d’utilisateurs et s’était engagé à ne pas partager d’informations personnelles avec Facebook.  Effectivement, ses utilisateurs pouvaient bloquer le partage des données en décochant l’option « Partage infos compte » dans les paramètres de confidentialités. Cependant, depuis le mois d’août 2016, cette option n’existe plus et WhatsApp partage bel et bien toutes les données récoltées avec la société américaine.

WhatsApp, déjà dans le collimateur de l’Europe

En août de cette année, la Commission européenne tablait déjà sur le cas des services de messagerie « over-the-top » qui passent par Internet et où l’on doit renseigner son numéro de téléphone.

En effet, selon The Financial Times, le principe était de soumettre les entreprises-mères de ces services – souvent hébergées aux États-Unis – aux mêmes obligations que les opérateurs téléphoniques. L’objectif réel était de respecter la vie privée des utilisateurs puisque, comme chacun le sait, de nombreuses sociétés américaines revendent couramment les données personnelles à des sociétés de marketing. Etaient visées par cette nouvelle loi, les applications telles que WhatsApp, Skype et Facebook Messenger, qui échappaient à une régulation stricte en Europe.

Il y a quelques jours, on apprenait que les autorités européennes de protection des données personnelles sommaient publiquement WhatsApp d’arrêter le partage des données de ses utilisateurs avec sa maison-mère, Facebook. L’Allemagne avait fait cette même demande personnellement en septembre.

Les États-Unis soumis au vote du FCC

Grand changement aux États-Unis depuis fin octobre : le FCC (Federal Communications Commission) a voté pour exiger des fournisseurs à large bande / Internet d’obtenir un consentement explicite des utilisateurs avant de partager des données avec des sociétés de marketing. C’est une énorme amélioration dans le pays de Barack Obama, où les données utilisateur sont partagées régulièrement avec les annonceurs et les sociétés de marketing, généralement sans consentement.

Qui sait ? Peut-être que la prochaine étape serait d’appliquer cette nouvelle loi aux services de messagerie, tel que l’Europe le voudrait ?

Thuy Strypstein

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