Réalités augmentée et virtuelle

Réalités virtuelle-augmentée: la révolution

Ces réalités enrichies sont testées par l’US Navy, Boston et la Bretagne, pour gagner du temps. Enormément. C’est aussi le jackpot: rappelez-vous la folie Pokémon Go, l’été dernier…

 

crédit vidéo: Insider Design

Réalités virtuelle-augmentée? Des réalités enrichies pour le dire simplement,  plus variées, davantage personnalisées et surtout dématérialisées, donc moins coûteuses. Webareyou vous en parlait déjà en septembre dernier. Youpie! Dès demain on nous promet de supplanter la vie réelle par ces propositions technologiques enrichies. Science-fiction, élucubrations, spéculations? Pas vraiment… Généralisées, ces réalités dotées de plus high-tech vont ainsi se charger de transformer notre rapport au travail, où l’on passe plus de temps avec ses collègues qu’avec son conjoint et ses moutards. Par exemple, pourquoi encore perdre des heures dans les files embouteillées, pour gagner déjà harassés son lieu de travail partagé?

Réalités virtuelle (RV) et augmentée (RA) promettent d’économiser le pare-choc contre pare-choc par des entreprises partagées venant à nous en quelques millisecondes… Fichtrement plus pratique. Le cœur en artichaut de chacun battra tout aussi différemment: le site Alice X propose déjà de se chausser la tête d’un casque RV pour choisir l’élu de son cœur parmi un catalogue de… mannequins sulfureux. Côté boutiques, les achats sont sensiblement différents, en raison de ces nouvelles réalités. Les musées multiplient déjà les expériences en réalité augmentée balbutiante.

 

Réalité virtuelle-augmentée juteuse: Pokémon Go

Côté virtuel, le dernier été trépassé nous fournit un bel exemple. Vous vous souvenez de tous ces jeunes agités quadrillant les endroits les plus inattendus de nos cités, villes et bourgs? Pour y chasser, capturer et dresser tout simplement d’infâmes Pokémon. Ces Pikachu, Léviator et autre Rondoudou juchés sur un luminaire public, vautrés à même l’asphalte ou nous narguant dans des lieux interdits:

 

  • à même le macadam
  • monuments historiques
  • métros
  • parcs animaliers
  • friches insolites
  • et même… toilettes d’établissements publics

 

Les trentenaires y brandissent leurs smartphones équipés d’un gyroscope, tapotent l’écran tactile, entament alors des danses improbables. But? Capturer leur quota de Pokémon, vieux personnages créés pour console en 1996 par le Japonais Nintendo. Modernisés par la start-up Niantic, les petits personnages ont été insérés virtuellement dans notre monde réel par le seul effet d’un jeu online, téléchargé 100 millions de fois en juillet.

 

Pokémaniacs, un buzz en or

« C’est du jamais-vu!  », se frotte les mains Thierry Guiot, directeur France d’App Annie, plate-forme d’analyse de ce marché. Car les profits déjà dégagés ne relèvent pas du virtuel, de la RA. Les créateurs du jeu version XXIe siècle empochent déjà le jackpot. Grâce aux partenariats noués avec certaines marques et les ventes d’objets virtuels (dans l’application gratuite), le jeu leur a permis de récolter 200 millions de dollars de revenus un mois après le lancement.

Pokémon Go repose sur une innovation technologique: cette fameuse réalité augmentée. On ajoute une dimension virtuelle au réel (voir vidéo, ci-dessus). Les Google Glass reposent sur le même principe. Le jeu Pokémon Go en a simplement démocratisé l’usage. Demain, ce sera peut-être au tour de bons de réduction. Pour les décrocher, l’itinéraire qui se greffera sur nos lunettes connectées nous semblera aussi banal qu’un kit mains libres.

Cette façon très réaliste d’incruster des objets virtuels dans plusieurs séquences d’images successives mobilise à la fois nos perceptions visuelles, auditives et tactiles. D’ici 2019, plus d’un million d’apps RA verront le jour. On estime ce marché à quelque 30 milliards de dollars. Certains fans de Harry Potter pétitionnent déjà pour exiger un jeu incluant l’innovation tech.

Réalités virtuelle-augmentée, civils et militaires coudes à coudes

Les applications mises au point jusqu’ici dépassent largement le cadre de jeux tel Pokémon Go. Outre les chasses virtuelles au trésor, cinéma, télévision, industries et milieux médicaux ont fait leur cette technologie. Pour le grand public, celle-ci insère des images de synthèse sur des images du monde réel. Elle peut le faire grâce à l’appareil photo équipant nos portables, des lunettes vidéo spéciales ou encore des casques adaptés comme l’HoloLens de Microsoft, dont on a pu admirer encore les performances comme le rapporte l’équipe de ce blog présente au dernier salon Digital First à Bruxelles.

Outre-Atlantique, des boîtes très sérieuses évaluent toute la potentialité de cette réalité augmentée. Dans la ville de Boston et sa banlieue, Keolis Commuter Services (KCS) gère le système ferroviaire de transports en commun. Depuis septembre dernier, la firme distribue des lunettes RA à ses mécaniciens. Elles leur permettent d’effectuer des réparations sur le terrain via un système d’aide à distance, en les connectant aux experts techniques restés au centre de maintenance.

Aides à distance, gagner du temps

De Boston, KCS s’appuie sur l’expertise d’une start-up basée dans le Massachusetts, filiale de l’entreprise bretonne AMA SA. Ensemble, elles ont développé une variation d’Android axée réalité augmentée, en la combinant avec des lunettes reliées à un smartphone. Le système permet à l’utilisateur de transmettre de la vidéo en direct via Internet. En temps réel, il permet aussi de discuter avec quelqu’un resté au siège et rivé à son ordinateur. Les deux interlocuteurs peuvent s’échanger des captures d’écran, annoter les images, s’envoyer des messages digitaux.

Enregistrée, la vidéo s’avère également très utile en débriefings ou pour resservir en simulations à d’autres techniciens. Le flux de données est chiffré. Il est transférable par connexion cellulaire (3G, 4G), wi-fi ou même par câble. Avec cette technologie simple, un technicien hors site voit la même chose que son collègue sur place et peut à tout moment lui porter assistance. Comme le rapporte le MIT Technology Review, Keolis compte sur ce déploiement pour diminuer le temps pris par les réparations et l’impact des interventions sur réseau.

 

« Notre motivation pour la réalité virtuelle-augmentée? Ses résultats: une réduction des coûts, une meilleure sécurité et une diminution des délais », proclament Dan Arczynski, CEO de la spin-off AR Index Solutions axée RA, et son dirlo de l’ingénierie Patrick J. Ryan. Le duo propose un porte-avion à l’US Navy d’1 milliard de dollars moins cher…

 

Réalités virtuelle-augmentée, l’US Navy aussi

C’est un contrat en or massif. Sis en Virginie, le chantier naval Newport News Shipbuilding (NNS) construit des porte-avions et sous-marins nucléaires. Destinataire? La Marine de guerre des Etats-Unis. Fin 2015, deux ex-cadres NNS ont décidé de fonder la spin-off AR Index Solutions, spécialisée en réalité augmentée. Ils évoquent une économie d’1 milliard de dollars pour construire un porte-avions nucléaire de nouvelle génération, toujours pour l’US Navy.

 

Sorti de la prestigieuse école militaire Westpoint, le CEO Dan Arczynski et son dirlo de l’ingénierie Patrick J. Ryan motivent leur intérêt pour la réalité augmentée par ses résultats: « une réduction des coûts, mais aussi une meilleure sécurité et une diminution des délais. » AR Index Solutions a réalisé 50 projets pilotes jusqu’ici. L’un d’eux porte sur l’inspection des structures provisoires soutenant la structure d’un navire en construction. Normalement, cette étape délicate prend un jour et demi de travail. La spin-off l’a réduit à… 90 minutes, grâce à la réalité augmentée. « Aucune autre technologie n’offre un tel retour sur investissement », commente son CEO.

 

Technologie pas encore mature

« Mais, prévient son compère, n’essayez pas de faire tout et n’importe quoi avec elle. » La réalité augmentée ne peut résoudre jusqu’ici, à elle seule, tous les problèmes. « Elle n’est pas bonne pour tout. » D’abord:

  • bien définir les besoins
  • démarrer avec de petits projets
  • prendre des cas d’usage simples: inspection qualité, guidages, positionnements spatiaux, identification pièces, …
  • itérer, ensuite
  • réévaluer les choses en cours de déploiement
  • prendre en compte les contraintes du projet lui-même

 

De même, les casques de réalité augmentée ne sont pas encore prêts pour un déploiement industriel. Lorsque les techniciens se déplacent, la pollution lumineuse ambiante distrait encore trop l’outil. Même l’HoloLens est encore réservé à l’expérimentation et au développement, tout comme les tablettes, des iPad le plus souvent. Ce sera comme cela jusqu’à l’arrivée de versions commerciales matures. « 95% du travail est dans le software. », croit savoir Patrick J. Ryan. Comme n’importe quel ‘consommable’, ces appareils requièrent encore leur adoption culturelle par l’entreprise et ses travailleurs. Ce n’est pas le moindre des obstacles à encore vaincre…

 

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Sources: L’Usine nouvelle, Capital et, surtout, Affordance.info

 

Philippe Golard

3 Comments

  1. Au fond, c’est cette technologie qu’ils emploient au jt de france2 quand ils font des sujets planète, sciences, phénomènes naturels… ?

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