Licenciements chez ING: L’inévitable course à la digitalisation

ING: L’inévitable course à la digitalisation

Ça a fait l’effet d’une bombe en ce début de semaine, ING Belgique a annoncé la suppression de 3150 postes. Un coup dur pour le personnel, mais aussi pour le pays tout entier qui ne peut qu’accepter la transition vers le digital.

 

 Il y a à peine un mois, la Belgique connaissait déjà une vague de licenciements sans précédent avec l’annonce de Caterpillar et ses 2220 employés qui passaient à la trappe. Avec cette affaire, c’est un nouveau coup de Théatre pour le monde de l’emploi. En effet, Rik Vandenberghe, administrateur délégué d’ING Belgique, a fait part de son intention de supprimer 3150 équivalents temps plein, dont 1700 par licenciements secs, d’ici 2021. Une décision lourde de conséquences que la banque justifie par le virage digital qu’est en train de prendre la société.

Une réorganisation “absolument nécessaire”

 Comme l’a indiqué M.Vandenberghe, cette décision est dictée par le client lui-même. « C’est le client qui passe massivement vers le digital. Il y a trois ans, 64% des clients entraient dans notre banque via l’agence ou le téléphone. Aujourd’hui, la proportion est tombée à 37%. C’est une réduction énorme. Nos clients se rendent en moyenne quatre fois par an en agence », relate le site de la RTBF.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes et qui justifient, selon le CEO de la banque, une disparition de 600 agences physiques sur les 1250 que compte actuellement le réseau. Ne resteraient donc que les agences les plus grandes et les plus rentables.


Rik Vandenberghe, CEO d’ING Belgique par sudpresse

Prémices d’un tournant digital

Il est partout et s’intègre naturellement dans nos vies, le digital est omniprésent. Le tournant pris par la Banque ING n’est que le premier d’une longue série et particulièrement dans le monde financier. En plus d’une volonté de répondre à l’attente du client et de s’adapter aux évolutions technologiques, les coûts inhérents au numérique sont moindres. L’humain passe au second plan au profit d’une rentabilité plus efficiente.

Le paiement en ligne est devenu une routine, une habitude, une manière de fonctionner quasi naturelle. Au détriment du contact en agence qui se fait de plus en plus rare. Ces indices d’une digitalisation croissante peuvent paraître dérisoires face au désarroi de la multitude d’employés qui sont sur le point de passer à la trappe, mais ce processus est pourtant le signe d’une révolution numérique, et donc d’une hausse des emplois.

En effet, la Banque Nationale prévoit, par exemple, la création de 140 000 jobs dans le monde numérique entre 2016 et 2018. Le Bureau du Plan, quant à lui, espère atteindre les 230 000 emplois créés d’ici 2021. Le plan « Digital Belgium » est également en train de se mettre en place. L’objectif de ce projet est de s’imposer sur la scène européenne en matière de numérique via la création de 10 000 startups et de 50 000 nouveaux emplois d’ici 2020.

Les laissés pour compte

Tous ces chiffres ne sont évidemment pas le reflet d’une majorité absolue qui se réconforte dans l’idée qu’un avenir meilleur les attend et que le digital est la solution vers laquelle nous devons tous nous diriger. Les nouvelles technologies ont beau nous entourer en permanence et asseoir leur quasi-hégémonie de manière croissante, cela ne veut pas dire pour autant que l’entièreté de la population les assimile. Les attentes des clients se sont manifestement adaptées à ces évolutions, mais certains d’entre eux expriment toujours une aversion à ce mode de fonctionnement. Manque de confiance en la technologie, inexpérience ou tout simplement l’envie de conserver le contact humain, les facteurs sont nombreux pour cette partie de la population qui ne désire pas encore passer le cap numérique. Cap numérique que le milieu entrepreneurial ne semble pas avoir de difficultés à passer.

Plus de retour en arrière

La transition numérique est en marche, c’est une certitude. Les ajustements seront encore nombreux et périlleux avant d’atteindre un équilibre qui satisfera entreprises, employés et clients, mais la machine est lancée et plus rien ne l’arrêtera. Alors digitalisation oui, mais à quel prix et dans quelle mesure ?

Pour savoir comment ING a géré sa communication de crise

Thomas Loriaux

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