Le Digital : Fossoyeur ou sauveteur de l’emploi en Wallonie?

Le Digital : Fossoyeur ou sauveteur de l’emploi en Wallonie?

Abasourdie par la fermeture de Caterpillar et la perte de 2200 emplois, la Wallonie perd une bataille mais peut-être pas la guerre. L’espoir viendrait-il de l’économie digitale?  Google avance le chiffre de 300.000 emplois créés en 4 ans.

 Locomotive de la Révolution Industrielle, la Wallonie est sur le quai de gare du train de la Révolution Digitale. Embarquera? Embarquera pas?

Dans une économie où l’industrie lourde s’automatise chaque jour un peu plus, une économie mondialisée où une main d’œuvre précaire vend sa force de travail toujours moins chère : Quels espoirs en matière d’emploi pour la Belgique et la Wallonie ? La solution se trouve vraisemblablement dans le Digital!

 

300.000 emplois d’ici 4 ans! 

Ce n’est pas nous qui l’affirmons mais Google!  La firme de Mountain View s’est penchée sur la Belgique et a commandé le rapport « Digitizing Belgium » au très sérieux Boston Consulting Group.

Qu’en est-il sorti?  La Belgique, timbre-poste insignifiant sur un Vieux Continent à l’agonie?  Pas du tout!  Nous possédons tous les atouts pour mettre en place une réelle politique digitale qui permettrait de créer 300.000 emplois d’ici 2020.

 

Quels sont les atouts de la Belgique? 

La Commission européenne établit, elle, le classement digital de ses membres en observant 5 variables:

  • la connectivité
  • le capital humain
  • l’usage d’internet
  • les compétences numériques
  • les services publics numériques

Si l’on tient compte de ces 5 critères, notre pays prend la cinquième place du panthéon digital européen.  Devancé seulement par  le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et la Finlande.  Nous sommes donc dans les starting-blocks.

 

Mais que nous manque-t-il pour créer ces 300.000 emplois? 

Le journadigital-belgiuml « L’Echo » pointe la sphère de la formation, les secteurs publics et le monde de l’entreprise.

Pour le ministre de l’Agenda Numérique, Alexander De Croo, l’accent doit être mis sur la formation, l’accès au capital-risque et le changement des mentalités dans le domaine de l’entreprenariat.

Le Ministre a d’ailleurs réuni ce mercredi 7 septembre, le Premier Ministre, la Singularity University et un panel de patrons d’entreprises pour ajuster le plan d’action « Digital Belgium« .

Réconcilier création d’emplois et croissance économique : C’est le tour de force que pourrait bien réaliser le digital

La digitalisation, c’est une question de survie pour sauver l’emploi dans notre pays.  Mais c’est aussi un excellent moyen de booster notre économie.

Le rapport de Google avance une progression du PIB de 45 milliards d’Euros en cas de digitalisation réussie.  Des chiffres corroborés par les prédictions de McKinsey qui avance une progression du PIB national de 45 à 60 milliards d’euros d’ici 9 ans.

 

Oser miser sur les talents humains

C’est donc tout un pays qui doit relever ses manches et se serrer les coudes pour atteindre un but commun.  La digitalisation doit passer par tous les niveaux:

  • développement des infrastructures
  • utilisation par les citoyens
  • utilisation par les entreprises
  • entreprenariat digitalisé
  • formation de spécialistes

Autrement dit les entreprises doivent saisir la balle au bond et oser investir et s’investir dans le digital.  Les pouvoirs publics doivent leur offrir un cadre et des infrastructures favorisant leurs initiatives.  Le citoyen doit faire entrer le digital dans son quotidien.  Et des spécialistes du digital doivent être formés pour pourvoir ces 300.000 emplois.

Car c'est là le défi digital de demain en Belgique et en Wallonie : faire la différence par son potentiel humain.  

La Région Wallonne met en place un certain nombre de stratégies pour devancer ce besoin.  En partenariat avec la Communauté européenne et son Fonds Feder, des centres de formation comme Technofuturtic à Gosselies forment chaque année 300 stagiaires au digital et métiers de l’informatique.  Mais l’on peut craindre une pénurie de personnel qualifié dans le secteur.

Chaque année, 12 spécialistes de la communication digitale sortent formés de ce centre.  Faites connaissance avec la team 2016

Pour en savoir plus sur le sujet, lire aussi notre article sur l’emploi digital

Anne Evrard

10 Comments

  1. Bonjour Anne,

    Loin de moi l’idée de nier l’évidente importance du digital aujourd’hui et à l’avenir. Je te suis évidemment également quand tu dis qu’il faut que nous formions des gens aptes à en exploiter toutes les possibilités. Le diagnostic me semble donc bon, la prescription également. Reste toutefois à administrer le traitement. Et c’est là que le bât pourrait blesser.
    J’ai en effet lu récemment un intéressant article qui se montrait critique quant à la volonté française de distribuer des tablettes aux élèves et à la conviction qu’on allait ainsi révolutionner l’enseignement et résoudre tous les problèmes du monde (je caricature).

    Je poste le lien en-dessous mais l’article invite en fait, et j’adhère totalement, à D’ABORD veiller à l’acquisition des compétences fondamentales dont celles de lire, de … dire (et d’écrire)…

    L’infobésité du net s’accommode en effet assez mal de faiblesses en littératie…
    Former au digital, oui donc ! Mais après avoir pris soin d’amener tous les étudiants à une maîtrise suffisante des fondamentaux (lire, écrire, compter… et conter).
    http://www.culture-numerique.fr/?p=5260

  2. D’accord avec toi, Anne.
    Le numérique est une opportunité que la Wallonie devrait saisir. Malheureusement, je suis un peu sceptique sur sa capacité à la saisir, principalement parce qu’il manque la culture de l’entreprenariat

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